Sep 29, 2016

Posted by in Finance | Commentaires fermés sur Londres joue sur la fiscalité pour éviter le KO du Brexit

Londres joue sur la fiscalité pour éviter le KO du Brexit

Londres joue sur la fiscalité pour éviter le KO du Brexit

Après l’annonce des résultats de vote des britanniques favorables pour une sortie de l’Union européenne, les réactions restent toujours divisées, et même les pro-Brexit commencent à lâcher. En effet, le Royaume-Uni craint désormais la fuite des capitaux, multinationales – Vodafone a déjà menacé de délocaliser – et cerveaux vers d’autres pays en Europe. Pour faire face à ce naufrage, le gouvernement londonien a décidé de jouer la carte de la fiscalité pour alléger les charges sur les entreprises et être plus compétitif sur le marché : Londres envisage peut-être de devenir un paradis fiscal.

L’impôt sur les sociétés, le nouvel atout londonien

Soucieux des futures conséquences du Brexit en terme de fiscalité ( lien vers la fiscalité des start-ups francaises)  , Londres a annoncé un plan de baisse du taux de l’import sur les sociétés. Étant de 20%, considéré déjà comme bas, ce taux sera de 17% en 2020 et passera ensuite à 15% comme l’a indiqué George Osborne, le ministre des Finances, au Financial Times.

Avec un tel taux, le Royaume-Uni aura un avantage considérable sur l’Allemagne et la France où les sociétés sont taxées à hauteur de 30% et plus. Il s’approchera notamment de la Suisse où le taux est de 17,92%, mais reste toujours lointain du voisin irlandais avec son taux de 12,5%. En termes de chiffres, cette baisse profite bien au Royaume pour être plus compétitif face aux géants économiques de l’Europe, mais aussi face aux pays considérés comme des paradis fiscaux comme la Suisse et le Luxembourg. Cependant, les apparences sont souvent trompeuses.

brexit

Peut-on croire à cette baisse fiscale ?

Il est évident que Londres est en train de faire de la com’ pour maintenir les capitaux et cerveaux résidents sur ses terres, mais également pour séduire de nouveaux investisseurs même après le départ de l’Union européenne. Cependant, ces derniers doivent avoir la vision encore plus longue et se poser la question : Peut-on croire à un vrai paradis fiscal britannique ?

Pierre Moscovici, le Commissaire européen aux Affaires économiques, pensent que les contribuables vont devoir gagner avec cette baisse fiscale, mais ceci causera d’énormes pertes au Trésor britannique, déjà plongé dans des déficits trop élevés. Pour compenser, Londres cherchera des recettes ailleurs via la hausse d’autres impôts comme la TVA. Pire avec le Brexit, la Grande-Bretagne va se priver de certains accords et mécanismes protecteurs pour son système fiscal. De même, les concurrents du Royaume ne resteront pas les bras croisés et vont se joindre à cette course fiscale ce qui pourra limiter cette nouvelle action britannique.

Pour les entreprises, la baisse du taux d’impôt sur les sociétés reste un facteur intéressant, mais pas le plus important, pour optimiser leur implantation géographique. Ces dernières prennent en considération toute la politique fiscale et plus précisément les autres impôts appliqués sur les entreprises (impôts sur les transactions commerciales, sur les plus-values, échanges entre filiales, etc) avant de prendre leur décision ce qui poussera peut-être les britanniques à fournir plus d’efforts en la matière pour les séduire.

Comments are closed.